DODO-MEMONA HINTERMAN-© Coco-02

Mémona Hintermann Afféjee

guillemet

Quelle étoile vous guide ?

J’ai voulu fuir la médiocrité. Gravir la montagne, monter en regardant le sommet de la montagne. Sinon, on tombe!

Quel est votre “refuge” réunionnais ?

Le Tampon restera toujours mon Heimat comme dit mon mari allemand. Heimat, en créole, ce serait « mon tit d’paradis ». Hélas, je sais bien que ce bout de terre n’est plus la petite ville de Yabs, modeste et parfumée, de mon enfance.

La touche glamour Réunion pour vous ?

Je ne conjugue pas du tout glamour et Réunion ! Notre île, telle que je l’aime, d’une façon fantasmée, de loin, est beaucoup trop profonde, dans toutes les acceptions du mot, pour se contenter d’un superficiel « glamour ». J’aime sa face austère, majestueuse et indomptable. Alors glamour, non. Je pourrais répondre « vanille » et « confiture de bibasses ». Mais ce serait très loin de ce que je garde de La Réunion, de ce qui fonde mon identité et mon authenticité revendiquées.

Un engagement pour une cause ?

Mes engagements sont quotidiens. Ce sont les petites actions, en marathon, qui sont compliquées. Je suis une fourmi ! C’est si difficile d’être à la hauteur sur la longue distance.

Une référence (un personnage, un livre…) ?

Mes frères et sœurs qui se sont sacrifiés pour que je puisse aller à l’école restent mes références. Ils m’ont poussée. Un homme me paraît de plus en plus admirable: De Gaulle! Quel homme de vision. C’est le plus actuel et le plus moderne de nos hommes politiques et… penseurs.

Les trois titres favoris sur votre play-list ?

Zamal! Texte magnifique. Belles harmonies lyriques. Mais La Rosée tombée m’accompagne aussi.

Un mot pour dire “La Réunion” ?

Nous ! « Not toute ensemb ».

Volontaire, fière, sublime.

Une bombe de vitamines vernie d’une touche de sagesse, juste sublime… Oui, Mémona Hintermann est un personnage de premier rang. Il y a d’abord son sourire, ce sourire qui vous attrape autant qu’il illumine l’instant… Puis cette humanité qui vous étreint quand elle vous accueille dans son vaste bureau qui domine la Seine au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel. Belle, resplendissante, Mémona nous est familière : grande sœur, cousine ? Même éloignée ? Non ? Ah ! Je croyais… Une amie alors, une vraie, tant elle donne la chaleureuse impression d’être des nôtres depuis toujours.

Parce qu’elle est heureuse d’être une Réunionnaise, Mémona le fait savoir partout autour d’elle, pressée d’ajouter son piment rouge et ses épices à son cari poulet ou à son rougail saucisses. Forte de ses origines, elle revient sans honte sur ses années misère, ni prétention sur ses années lumière ; enfin, elle est fière aujourd’hui d’écrire et d’être publiée avec Lutz, son mari.

Au fond, Mémona a le talent rare de savoir encore et toujours vous donner envie. Envie de vivre, tout simplement, en se plaçant dans l’action. Cette force lui aura permis d’accomplir au nom de la liberté et du droit à l’information une époustouflante carrière de grand reporter, envoyée partout sur la Terre, là où souvent le mot “danger” prend son sens le plus primitif…

Son sourire, ses yeux, son charisme… Et sa voix ! Cette voix qui savait si bien nous raconter le monde, avec cet accent subtil que seuls les Créoles sont capables d’entendre au détour d’un mot, d’une phrase. Ce timbre si familier qui nous manque aussitôt qu’on ne l’entend plus.

Mémona Hintermann-Afféjee
est née le 19 janvier 1952.
Elle est journaliste, grand reporter de télévision et conseillère pour le CSA.